Volet paysager pour le SCoT de Saint-Lô, 2005-2006

« Le paysage consiste en une forme de représentation de la nature ou, plus précisément, en une manière de schématiser qui en permet l’appréciation esthétique. Cette définition ne préjuge donc en rien du contenu sensoriel ou conceptuel qui fait l’objet de la représentation (ce peut être une odeur, un bruit, une montagne, une usine ou le mouvement des eaux qui forment les nuages et les rivières…), ni de la forme d’expression matérielle de ce processus de schématisation (ce peut être un dessin, un jardin, une rédaction enfantine ou des vers)… »

(Michel Conan, « Généalogie du paysage », in Le Débat n°65, Paris, Gallimard, 1991.)

Le territoire du ScoT de St-Lô, regroupant 100 communes pour environ 76 600 habitants, s’inscrit dans l’unité géographique de la Manche. Sa superficie est de 98 056 hectares.

Le pays de Saint-Lois se caractérise par une urbanisation adaptée aux reliefs et aux voies de communication. L’habitat peut s’implanter à l’intersection de deux ou trois routes avec son en épicentre l’église ; vu de loin, le village présente une silhouette cohérente et homogène. A l’inverse, l’habitat peut présenter un caractère linéaire lorsqu’il s’appuie sur un axe de communication, le long duquel il fait front ; nous le nommons un « village-rue ». En outre, certaines communes ayant connu une fort croissance, le modèle pavillonnaire s’est étoffé aux marges des bourgs existants, parfois en contraste avec les caractéristiques architecturales du village et les qualités paysagères de son contexte.

Le bâti le plus emblématique est sans contexte la ferme qui, avec son habitation et ses dépendances organisées traditionnellement autour d’une cour cernée de hauts murs de pierre, prend parfois des airs de forteresse... Mur d’enceinte d’une ferme près de Montreuil-sur-Lozon / Bel exemple d’architecture rurale à Lozon / Magnifique ensemble en schiste avec linteaux en calcaire, à Condé-sur-Vire / Toiture en tôle à Montbray / Bâtiment agricole à la Colombe.

Le bâti le plus emblématique est sans contexte la ferme qui, avec son habitation et ses dépendances organisées traditionnellement autour d’une cour cernée de hauts murs de pierre, prend parfois des airs de forteresse… Mur d’enceinte d’une ferme près de Montreuil-sur-Lozon / Bel exemple d’architecture rurale à Lozon / Magnifique ensemble en schiste avec linteaux en calcaire, à Condé-sur-Vire / Toiture en tôle à Montbray / Bâtiment agricole à la Colombe.

De la même façon, le pays de St-Lô possède une identité architecturale dominée par des matériaux et des couleurs liés à ses richesses géologiques : schiste, ardoise, grès, poudingues cambriens, terre ocre pour la brique… En tant que patrimoine bâti et facteurs d’identité territoriale ou témoignages d’une période de l’histoire, l’architecture monumentale des châteaux, les villes reconstruites après la guerre en rupture avec les maisons traditionnelles en terre, prennent une place fondamentale dans le paysage.

Le territoire ne possède pas d’éléments patrimoniaux à renommée d’ordre national… Il comporte des monuments néanmoins châteaux, abbayes, églises et manoirs classés ou inscrits à l’inventaire des Monuments Historiques, ainsi que de nombreux témoignages de petit patrimoine : Eglise de Lozon / Eglise moderne de Graignes / Puit aux environs de Cerisy-la-forêt / Portail d’entrée du château du Pastel à Rémilly-sur-Lozon / Haras nationaux de Saint-Lô.

Le territoire possède des monuments classés ou inscrits à l’inventaire des Monuments Historiques, ainsi que de nombreux témoignages de petit patrimoine : Eglise de Lozon / Eglise moderne de Graignes / Puit aux environs de Cerisy-la-forêt / Portail d’entrée du château du Pastel à Rémilly-sur-Lozon / Haras nationaux de Saint-Lô.

 

Trois unités paysagères

Accompagnées de leurs motifs, elles font partie du vocabulaire élémentaire du paysage. Comme beaucoup de sites, le paysage du Pays Saint-Lois ne livre pas d’emblée ses lignes de force. Son organisation obéit néanmoins à une logique forte : la quasi-totalité de ses éléments comme les étangs, les cours d’eau, la végétation, les voies, les constructions, sont disposés dans un rapport étroit avec le relief, l’hydrographie et le parcellaire. Repérer ces images et les analyser devient donc intéressant dans une perspective de projet et d’aménagement. Les trois grandes unités paysagères sont, au Nord les marais du Cotentin et du Bessin, au centre un bocage au maillage serré, au sud la vallée de la Vire.

Ce territoire vallonné se révèle lorsque la rectitude des infrastructures de déplacement, s’appuyant sur le terrain naturel, crée des effets de « montagnes russes » : Le marais du Fresnay / La RN 174 traversant le Pays Saint-Lois / Paysage de bocages / La Vire à Pont-Hébert.

Ce territoire vallonné se révèle lorsque la rectitude des infrastructures de déplacement, s’appuyant sur le terrain naturel, crée des effets de « montagnes russes » : Le marais du Fresnay / La RN 174 traversant le Pays Saint-Lois / Paysage de bocages / La Vire à Pont-Hébert.

Le terme « bocage » vient de la racine normande « bosc » signifiant bois. Il désigne aujourd’hui un paysage d’enclos, résultat lent et progressif d’une transformation de l’espace par l’homme et qui n’est donc en rien un paysage naturel. Le bocage du Pays Saint-Lois est dit à petites mailles c’est-à-dire composé d’une multitude de parcelles de faible superficie.  Fragile, sa disparition repose les changements de l’économie agricole (de l’élevage laitier à la production de maïs), l’arrachage des haies pour l’agrandissement des parcelles ou l’élargissement des axes routiers, enfin, le non renouvellement des chênes dont beaucoup sont centenaires. Toutes ces actions atténuent la fermeté du dessin et créent un tableau paysager « dilué », incohérent dans sa lecture. Nous assistons à un paysage qui se transforme sans brutalité apparente…

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Pâturage et labour aux environs de Marigny / Vallons et zones humides aux environs de Saint-Lô, dans le vallon de la Terrette et à Montreuil-sur-Lozon.

0_feuille_droite2Carte d’identité

Maîtrise d’ouvrage : Syndicat pour le développement du Saint-Lois / Groupement PROSCOT / Maîtrise d’œuvre : E.A.U. (mandataire), Groupe-6, Urbanis, Futurouest / 2005-2006 / Au sein de Groupe-6, élaboration des cartographies avec l’appui de Valérie Thierry, urbaniste ; étude de paysage réalisée avec l’appui de Perrine Alexandre, paysagiste.