L’Isle d’Abeau, une trame verte pour le parc d’activités de Chesnes, 2000-2006

Si la ville nouvelle de l’Isle d’Abeau a une identité aussi forte aujourd’hui, c’est parce qu’elle a toujours su se construire et se développer en tenant compte du paysage. Le projet d’une trame verte a été lancé pour affirmer une vision globale à moyen et long termes en vue de mettre en place une cohérence paysagère, spatiale et fonctionnelle pour l’ensemble du parc de Chesnes, une plate-forme logistique et d’activités de 450 hectares.

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Le schéma global d’aménagement a permis de prendre la mesure du site,  de préserver des zones écologiques et de captage d’eau, d’offrir un cadre de qualité pour les entreprises et les riverains, en proposant le paysagement des voiries et la création d’un parc forestier pour englober la césure créée par les lignes électriques haute tension.

Le parc forestier

Ce respect de l’environnement se retrouve dans les stratégies d’aménagements et les prises de certaines décisions par EPIDA. L’exemple le plus représentatif est la création ex-nihilo d’un parc qui a pour but la réalisation d’une zone de loisirs liée aux secteurs d’habitats et d’activités limitrophes, l’enrichissement d’un habitat d’intérêt écologique et la protection des zones de captage d’eau potable.

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Principes de plantation / Profil sous les lignes HT / Mars 1995 : les jeunes plants à peine visibles sous les lignes électriques… / Mars 1999 : les arbres ont bien poussé, le profil des boisements est amorcé.

Les espèces indigènes retenues donneront à terme un maillage végétal uniforme. Pour cela, ont été mises en œuvre les techniques forestières classiques en plantant 4 500 plants / hectare, associant feuillages caducs et persistants, mélangeant baliveaux, arbres en touffes et jeunes plants. Essences plantées : Quercus rober  Quercus petrae, Fraxinus excelsior, Pinus sylvestres, Pinus niera  Betula pendula, Prunus spinosa, Acer campestre, Prunus avium, Alnus cordata, Corylus avellana, Carpinus betulus, Acer platanoides, Sorbus aucuparia et de nombreux arbustes…

Le paysagement des voiries ou la « valeur ajoutée » de l’arbre

Dans le but de créer un paysage de grande dimension mettant en place un cadre paysager valorisant pour le développement économique, une réflexion a également été menée sur l’ensemble des voiries innervant le parc d’activités. Celle-ci a révélé une demande exprimant le besoin de « nature » dont l’arbre est le symbole. En alignement, en mail ou isolé, le végétal a directement investi le projet de paysage. Or n’oublions pas que c’est à partir du paysage que l’Isle d’Abeau a su, au fil des ans, construire son identité.

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Dès le début de son existence, le règlement de la ZAC de Chesnes a incorporé des plantations d’alignement systématiques pour les voiries principales. Or, le boulevard de Satolas est relativement pauvre avec un alignement d’un seul côté et des bosquets d’arbustes espacés alors que son emprise est de 55 mètres de large. L’objectif est de lui donner une identité plus forte et plus structurante en densifiant fortement et en hiérarchisant les niveaux de plantations.

1.3.102_Chesnes_bassinsLe paysagement des bassins

Au même titre que les voiries, les nombreux bassins d’infiltration présents sur le parc sont à différencier et à valoriser. Un ensemble de petites buttes plantées agrémentent leurs berges. Des plantes au caractère champêtre, à croissance rapide et fixatrices des sols maintiendront un « rideau » végétal semi présent toute l’année.

0_feuille_droite1Carte d’identité

Maîtrise d’ouvrage : Etablissement public de la ville nouvelle de l’Isle d’Abeau (EPIDA) / Maîtrise d’œuvre : Groupe-6 / Superficie : env 1000 Ha / 2000 – 2006 / Nota : le plan de composition d’ensemble a été conçu en collaboration avec Alan Hennessy, Pierre-Olivier Peccoz et Valérie Thierry, urbanistes ; le parc forestier a été réalisé sur 10 ans en 3 tranches dont 2 par groupe-6 maître d’œuvre, avec la collaboration de Jean-François Treyves, paysagiste DPLG.