Grenoble, un Jardin des Sens, 1993 (TPFE)

Aux antipodes de l’espace vert urbain traditionnel, ce Jardin des Sens est avant tout un parc expérimental, conçu comme un manifeste, une idée nouvelle de jardin public où dialoguent en permanence les symboles, les sens, les structures, l’homme et le végétal. Il installe l’idée selon laquelle la nature, vivante et riche de sa propre essence, est en soi un univers à découvrir. Le parc se décline ainsi en jardins où se mêleront poésie, esthétique, architecture, végétal, sensations… Que le temps d’une promenade, l’on réapprenne les changements de couleurs, les variations d’humidité de l’air, de l’intensité des parfums selon les heures du jour, ressentir le mouvement perpétuel de la sève qui anime le monde végétal. 

Le Jardin de A à Z

A / parvis ouest et vasque olympique ; B / nef Aquatique ; C / Centre Permanent Urbain d’Initiation à l’Environnement (C.P.U.I.E.) ; D / nef végétale ; E / verger ; F / orgue d’eau ; G / parterre fleuri ; H / labyrinthe ; J / allée aux acacias ; K / bois noir ; L / chapelle du ciel ; M / les 3 canaux ; N / escalier d’eau ; P / belvédère et passerelle sur l’Isère ; Q / allées anxieuses… ; R / pendule monumentale ; S / mail des boulistes ; T / théâtre de plein air ; U / cadran solaire ; V / solarium ; W / volière ; X / digue ; Y / dédale ; Z / la baignade de 1926Combinatoire, le Jardin des Sens se schématise en la superposition de trois trames de lecture : l’Axe aquatique / la Trame gustative / la Sinusoïde des sens.

L’Axe aquatique

Elément dynamique de la structure du jardin, colonne vertébrale du projet, cet axe perpendiculaire à l’Isère magnifie la rencontre de la ville et de l’eau. Il n’est pas sans évoquer les longues brèches tracées à travers les masses boisées des jardins classiques ; il relève tout autant d’un choix fonctionnel, symbolique et conceptuel. Tout au long de l’Axe, l’eau surgit selon des effets variés et une constante évocation. Tantôt discrète, tantôt enveloppante, l’eau en mouvement est immédiatement associée à des sonorités variables à l’infini. Fontaine, jets, ruisseau, cascatelle, gerbe, goutte-à-goutte, rigole… l’eau qui chante, qui rafraîchit, qui apaise… l’eau dont chacun rêve.

La Trame gustative

Le long de l’Axe aquatique, plus qu’une rencontre autour du goût, des haltes gustatives proposent des pauses qui catalyseront les 5 sens : consommation de l’aliment, repos du corps, respiration à l’ombre ou au soleil, échanges avec les autres… Ces espaces se composent invariablement d’un cercle au sol en pavés de bois, d’une pyramide en fine structure métallique et d’un pavillon satellite abritant les activités propres à chaque lieu.

Les haltes gustatives : 1 / le glacier ; 2 / le compotier ; 3 / le saladier ; 4 / l’orangeade ; 5 / fontaine collective ; 6 / le bol de céréales ; 7 / sushi-sushi ; 8 / la soupière ; 9 / les tapas ; 10 / la bonbonnière.

La Sinusoïde sensitive

Elle est le support de découverte du sensible à travers le Parc. Figure libre, ondulante, indifférente aux rectilignes qu’elle croise et aux lieux qu’elle frôle ou franchit, sa succession d’arcs, de courbes et de tensions évoque les directions aléatoires et non réfléchies d’une personne qui se promène… Par le biais de cette cinétique, le Jardin se crée en trajectoires visuelles et sonores, en séquences, textures et couleurs, en angles du regard. Ainsi,  se dessine une suite narrative à travers les jardins thématiques : alternance d’ombre et de lumière, seuils et murs, ambiances végétales, changements de sols, variation des thèmes (cf. article suivant).

Les jardins thématiques : a / jardin à croquer ; b / chambre d’automne ; c / orangeraie ; d / treille aux grimpantes ; e / salon de verdure ; f / spirale de parfums ; g / manège du vent ; h / roseraie ; j / jardin des lumières ; k / bosquet sonore ; m / cercles tactiles ; n / jardin zen ; o / colline magique ; p / ruban chromatique ; q / jardin d’eaux ; r / potager.

0_feuille_gauche1Carte d’identité

Diplôme de fin d’études Architecte D.P.L.G. / Coûts travaux : NC / Superficie : env 20 Ha / 1993.